Tourdion (Quand je bois du vin clairet)
Quand je bois du vin clairet,
Ami tout tourne, tourne, tourne, tourne...
Aussi désormais je bois
Anjou ou Arbois.
Chantons et buvons:
À ce flacon faisons la guerre!
Chantons et buvons
Mes amis; buvons donc!
Le bon vin nous a rendu gais,
Chantons, oublions nos pienes Chantons!
En mangeant d’un gras jambon
À ce flacon faison la guerre!
Buvons bien, Buvons donc,
À ce flacon faison la guerre!
Buvons bien, Buvons mes amis,
Trinquons, buvons, gaiement, chantons!
En mangeant d’un gras jambon
À ce flacon faison la guerre! —César Geoffray
Je te veux
J'ai compris ta détresse cher amoureux
Et je cède à tes vœux, fais de moi ta maîtresse
Loin de nous la sagesse, plus de tristesse
J'aspire à l'instant précieux où nous serons heureux
Je te veux
Je n'ai pas de regrets et je n'ai qu'une envie
Près de toi là tout près, vivre toute ma vie
Que mon corps soit le tien et ta lèvre la mienne
Que ton corps soit le mien et que toute ma chair soit tienne
J'ai compris ta détresse cher amoureux...
Oui je vois dans tes yeux, la divine promesse
Que ton coeur amoureux vient chercher ma caresse
Enlacés pour toujours, brûlés des mêmes flammes
Dans des rêves d'amour, nous échangerons nos deux âmes
J'ai compris ta détresse cher amoureux … —Henry Pacory
Chanson de grand-père
Dansez, les petites filles,
Toutes en rond.
En vous voyant si gentilles,
Les bois riront.—Victor Hugo
Les danses de Lormont
Poursuivant les nouées
De nos chansons
De main en main nouées
Dansons! Dansons! —Marceline Desbordes-Valmore
L’heure exquise
La lune blanche
Luit dans les bois;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...
Ô bien aimée.
L'étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure...
Rêvons, c'est l'heure.
Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l'astre irise...
C'est l'heure exquise.—Paul Verlaine
Les Bretonnes au cœur tendre
Les Bretonnes au cœur tendre
Pleurent au bord de la mer;
Les Bretons au cœur amer
Sont trop loin pour les entendre.
Mais vienne Pâque ou Noël,
Les Bretons et les Bretonnes
Se retrouvent près des tonnes
D’eau-de-vie et d’hydromel.
La tristesse de la race
S’éteint alors dans leurs yeux;
Ainsi les plus tristes lieux
Ont leur sourire et leur grâce.
Mais ce n’est pas la gaieté
Aérienne et sans voiles
Qui chante et danse aux étoiles
Dans les belles nuits d’été.
C’est une gaieté farouche,
Un rire plein de frissons,
Ferment des âpres boissons
Qui leur ont brûlé la bouche.
Plaignez-les de vivre encor;
Ce sont des enfants barbares,
Ah! les dieux furent avares
Pour les derniers-nés d’Armor! —Charles Le Goffic
Pardon Breton
Matelots de la mer Bretonne
Que berçait le vent monotone
Écoutez!
Joyeuses dans l’air
comme des oiseaux qu’on délivre
Les cloches aux notes de cuivre
Les cloches volent avec un grand bruit clair.
C’est le Pardon!
Vos mères et vos soeurs sont toutes
avec des bouquets dans la main
Larguez donc vos voiles dernières
Cardes baisers et des prières
Vous attendent sur le chemin
Larguez!
Le long des routes vos mères
sous toutes des prières
Vous attendent sur le chemin
Larguez! —Armand Silvestre
Un grand amour qui s'achève
Un grand amour qui s'achève
Ça fait pleurer tous vos rêves
Et quand tu disais que tu m'aimais
Mon amour tu le croyais
Bah! Si ton coeur est bohême
On n'y peut rien, c'est la vie
On est si fou quand on aime
Ma mie...
Un grand amour qui s'achève
Ça fait pleurer tous vos rêves
Et quand tu disais que tu m'aimais
Mon amour tu le croyais
Il se pourrait que j'en meure
On n'y peut rien, c'est la vie
Je ne veux pas que tu pleures
Ma mie... —Édith Piaf
Les berceaux (Sail Away)
Le long du quai les grands vaisseaux,
Que la houle incline en silence,
Ne prennent pas garde aux berceaux
Que la main des femmes balance.
(I’ll Sail Away Someday)
Mais viendra le jour des adieux,
Car il faut que les femmes pleurent,
Et que les hommes curieux
Tentent les horizons qui leurrent.
(I’ll Sail Away Someday)
Et ce jour-là les grands vaisseaux,
Fuyant le port qui diminue,
Sentent leur masse retenue
Par l’âme des lointains berceaux.
(I’ll Sail Away Someday) —Sully Prudhomme
Tourdion (Quand je bois du vin clairet)
When I drink white wine, friend,
Everything is turning, turning, turning...
Also when I drink wine of Anjou or Arbois!
Let’s sing and drink,
wage war on the bottle,
Let’s sing and drink,
friends let’s drink!
Good wine makes us merry, let’s sing,
And forget our pain, let’s sing!
While we eat a juicy ham,
Let's wage war on this bottle!
Let's drink well, let's drink heartily,
Let's wage war on this bottle!
Let's drink well, let's drink, my friends,
Let's toast, let's drink, let's sing joyfully!
While we eat a juicy ham,
Let's drink, friends, drink now!
Je te veux
I understand your distress, dear lover,
And yield to your desires: make me your mistress.
Let’s throw discretion and sadness to the winds.
I long for the moment when we shall be happy:
I want you.
I have no regrets and only one wish:
To be very close to you my whole life long.
Let my heart be yours and your lips mine,
Let your body be mine and mine, yours.
I understand your distress…
Yes, I see in your eyes the promise
That your loving heart seeks my caress.
Entwined forever, consumed by the same desire,
In dreams of love we’ll exchange our souls.
I understand your distress…
Chanson de grand-père
Dance, little girls,
All in a circle.
Seeing you so gentle,
The woods will laugh.
Les danses de Lormont
Linked like a chain
Made of our songs
Hand in hand we go!
L’heure exquise
The white moon
illuminates the forest
A voice calls
around the leaves
Oh beloved!
The pond reflects
like a deep mirror
The silhouette
of a dark willow.
Where the wind weeps
we dream,
this is the hour.
A vast and tender
calm
Floats down to us
from the heavens
An iridescent star…
This is the exquisite hour.
Les Bretonnes
The forlorn Breton women
Weep by the sea;
The bitter Breton men
Are too far away to hear them.
But when Easter or Christmas comes,
The Breton men and women
Gather around barrels
Of brandy and mead.
The sadness of their kind
Fades from their eyes;
Even the saddest places
Have their smiles and their graces.
But it is not lighthearted,
Uninhibited joy
As they sing and dance under the stars
On beautiful summer nights.
It is a fierce celebration,
Ice cold laughter,
Harsh drinks
Burn their mouths.
Pity them their fate;
They are resilient, these Breton souls,
Ah! The gods can be so cruel.
Pardon Breton
Sailors of the Breton sea,
You who are lulled by the monotonous wind.
Listen!
Joy is in the air like birds set free.
The bells, flying high with their notes of brass
are ringing, loud and clear.
It’s time for Forgiveness!
Your mothers and sisters are here, waiting for you with flowers.
Cast off your sails! Come back to the land!
Kisses and prayers await you on the way.
Cast off!
Along the roads, your mothers,
with all their prayers waiting for you.
Cast off!
Un grand amour qui s'achève
A great love that ends
makes all your dreams weep.
And when you said you loved me,
My love, you believed it.
Well, if your heart is bohemian
There's nothing we can do about it, that's life!
We are so crazy when we love,
My sweetheart.
A great love that ends
makes all your dreams weep.
And when you said you loved me,
My love, you believed it.
I might die from this
and there's not a thing we can do about it, that's life!
I don't want you to cry
My sweetheart.
Les berceaux (Sail Away)
Along the quay the large ships,
Leaning in silence with a surge,
Pay no attention to the cradles
Rocked by the hands of women.
(I’ll Sail Away Someday)
But the day of goodbyes will come,
When the women must cry,
And when curious men
Are tempted by the luring horizons.
(I’ll Sail Away Someday)
And that day the great ships,
Fleeing the diminishing port,
Shall feel their mass retained
By the soul of the distant cradles.
(I’ll Sail Away Someday)